L’origine des
cartes à jouer n’est pas clairement identifiée.
Les chinois sont les inventeurs des 1ères cartes à jouer en 618. Ces cartes
formaient le jeu "YEH-TZA" qui s'inspirait des figures des "flèches
divinatoires coréennes". Les dessins symboliques représentés étaient variés
: Homme, poisson, corbeau, faisan, antilope, étoile, lapin, cheval, etc...
Les cartes chinoises furent ensuite adoptées par les hindous qui
les assortirent à leur propre jeu d'échecs Chaturunga pour créer le jeu Ganjifa.
Les figures de ces cartes étaient alors les suivantes, dans chaque série : Radja
(roi), Naïb (vizir) et 10 cartes de points.
Au 8ème siècle, les hindous inventeront un nouveau jeu appelé Dasavatara-Ganjifa
(Jeu des 10 avatars) dont les séries représentaient les symboles des 10 incarnations
du Dieu Vishnu.
Ce jeu sera retransmis aux turcs Mamelouks d'Égypte sous une forme simplifiée, avec
seulement quatre séries : La cruche, la pièce (ou disque), le sabre et la massue.
Ces cartes étaient tracées sur des lames d'or ou d'argent, puis sur de petites plaques
d'ivoire ou de bois ; on en a fait sur des feuilles de parchemin, et enfin sur du
papier... Le Musée Topkapi d'Istanbul conserve un magnifique jeu enluminé du XVe
siècle.
Ce jeu sera ramené en Europe par les croisés ou les marchands vénitiens et il sera
connu sous le nom de Jeu de Naïb. Son arrivée à Marseille
à la fin du Moyen Âge est à l'origine d'une longue tradition de maîtres cartiers
et d'une industrie qui demeure florissante jusqu'en 1878, date à laquelle ne subsiste
que la maison Camoin, la plus célèbre des carteries marseillaises.
Le Jeu de Lombard est le plus ancien des ancêtres connus des
arcanes majeurs du Tarot.
On le découvre pour la première fois en Italie. Il est constitué d'un jeu de carte
sarazin classique auquel sont ajoutées 22 cartes dites "atouts" ou "triomphes",
sous l'influence probable des 22 lettres de l'alphabet hébreu utilisé dans la
Kabbale. C'est de 1420 que date la plus ancienne référence à des cartes
représentant des "animaux allégoriques" (jeu de "dieux et oiseaux").
A partir de 1450-1470, les italiens sépareront les 22 "atouts" du reste
du jeu afin d'en faire un jeu divinatoire appelé Tarot Cardinal.