La cartomancie prendra son essor en France en pleine période des
Lumières avec le franc-maçon Etteilla pour le jeu de 32 cartes
et atteint son apogée avec la Sybille de la Révolution et de l'Empire, Adelaïde
Lenormand pour le jeu de 52 cartes.
Tout au long de sa carrière, Mademoiselle Lenormand vit défiler dans son salon des
personnages de la stature de Robespierre, Marat, Danton, Napoléon Bonaparte, et
devint la confidente de l’impératrice Joséphine.
Antoine Court de Gébelin, écrivain, spécialiste des anciennes mythologies
et membre de la franc-maçonnerie française donne en 1781 une interprétation divine
aux Tarots.
« Si nous annoncions, aujourd’hui, qu’existe une œuvre qui contient la doctrine
la plus pure des Égyptiens qui aurait échappé aux flammes de leurs bibliothèques,
qui ne serait impatient de connaître un livre aussi précieux et extraordinaire ?
Et bien ce livre existe et ses pages sont les figures des Tarots
».
Pour justifier ses affirmations, Court de Gébelin explique que le mot Tarot
vient de l’égyptien Ta-Rosch qui signifie Sciences de Mercure. Thoth était le Mercure
égyptien et on dit de lui qu'il était l'un des premiers rois et inventeur du système
des hiéroglyphes. Gebelin affirme que ce sont les Égyptiens et les gitans qui ont
répandu les cartes de tarot à travers l'Europe.
Ces théories sont reprises par un autre franc-maçon, Etteilla (dont
le Tarot célèbre porte le nom) : « Le Tarot est
un livre de l’Égypte ancienne dont les pages contiennent le secret d’une médecine
universelle, de la création du monde et de la destinée de l’homme. Ses origines
remontent à 2170 avant J.-C. quand dix-sept magiciens se réunirent en un conclave
présidé par Hermès Trismégiste. Il fut ensuite incisé sur des plaques d’or placées
autour du feu central du Temple de Memphis. Enfin, après diverses péripéties, il
fut reproduit par de médiocres graveurs du Moyen Âge avec une quantité d’inexactitudes
telle que son sens en fut dénaturé ».
Etteilla restitua aux Tarots ce qu’il estimait être leur forme
primitive et il en remodela l’iconographie ; il le baptisa Livre de Thot. Dans les
huit premiers triomphes (arcanes), il reproduit les phrases de la Création ; dans
les quatre suivants, il souligne que les vertus conduisent les âmes auprès de Dieu
; et enfin dans les dix derniers, il représente les conditionnements négatifs auxquels
les êtres humains sont soumis.
Les 56 cartes numérales furent interprétées comme les sentences
divinatoires pour les mortels.
Dès lors, le jeu des Tarots
fut indissolublement lié au monde de la magie et, en visant des objectifs beaucoup
plus ambitieux que la simple connaissance du lendemain, la grande époque des tarots
occultistes prit son essor.