Histoire du Tarot de Marseille
Le Tarot a pu arriver en Europe par les croisés ou les marchands
vénitiens. Il sera alors connu sous le nom de Jeu de Naïb. En France,
Marseille devint l'un des plus grands centres d'édition des cartes. Son arrivée
à Marseille à la fin du Moyen Âge est à l'origine d'une longue tradition de maîtres
cartiers et d'une industrie qui demeure florissante jusqu'en 1878, date à laquelle
ne subsiste que la maison Camoin, la plus célèbre des carteries marseillaises. Cette
dernière fermera ses portes en 1971, et donnera à la ville de Marseille ses précieuses
collections de cartes, de tarots, d'outils et d'objets divers qui sont aujourd'hui
conservés par le musée du Vieux-Marseille.
Parmi les tarots historiques conservés à la Bibliothèque Nationale, le tarot
de Jean Noblet est daté de 1650 environ, le tarot de Jean Dodal
de 1701 et celui de Nicolas Conver de 1760.
Toutefois, certains thèmes apparaissant sur les lames de ces jeux figuraient déjà
sur les cartes enluminées de Visconti et de Charles VI, qui datent du milieu du
XVème siècle. Les premiers tarots auraient donc été fabriqués en
Lombardie, dans le nord de l'Italie.
En 1760 donc, Nicolas Conver, Maître Cartier, Imagier du Roi, dessina le premier
véritable Tarot de Marseille, édité l'année suivante à Marseille.
Ce jeu devint très vite l'outil de la majorité des Devins et Voyants
du 18ème siècle. Il fondera la fabrique Conver qui devient plus tard la Maison Camoin
par le mariage de Jean-Baptiste Camoin avec une des héritières de la Maison Conver.
Ce Tarot fut reproduit par Paul Marteau en 1930 et édité par la
Maison Grimaud sous l'appellation exacte de Tarot de Marseille.